Interviews

Le Gorille part à la rencontre de Benjamin Diamond et Aéroplane

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Quand on me dit que je vais interviewer Aéroplane et Benjamin Diamond, je me dis d’abord « Quelle chance! J’ai tellement de questions à leur poser! » Et puis vite on se rend compte que le plus dur en fin de compte c’est de commencer, alors pardonnez moi de vous poser une première question très simple. En effet, après avoir écouté votre nouveau single Let’s get slow, je me dis de suite que ça fait un bien fou lorsque la Nu-Disco de Vito De Luca, aka Aéroplane rencontre la French Touch de Benjamin Diamond. Alors ma question : pourquoi cette collaboration? Comment vous êtes-vous rencontrés et comment en êtes-vous arrivés là?

Aéroplane : [rires] J’ai l’impression qu’on est un vieux couple et qu’on doit expliquer comment on s’est rencontrés. Plus sérieusement, je travaillais seul sur le morceaux, Let’s get slow (qui d’ailleurs ne s’appelait pas Let’s get slow à l’époque) et je chantais une idée de mélodie. Plus je chantais cette idée de mélodie, plus j’entendais la voix de Stardust dans ma tête. Je me suis dis alors : mortel, je vais demander à Benjamin Diamond de chanter. Donc je vais sur Twitter et là je vois qu’il me suit déjà. J’envoie un message et une semaine plus tard, j’étais à Paris pour commencer à enregistrer.

Cela signifie que la rencontre s’est vraiment faite pour ce projet. Ne pas se connaître personnellement avant, ça complique les choses?

Benjamin Diamond : Il y a eu des embrouilles oui ! [Rires] Mais forcément ! Le plus important à un moment donné c’est de savoir pourquoi on est là. On est là pour la zic et on veut essayer de faire au mieux mais il y a toujours forcément des distensions quand les gens ne sont pas là et tout ça. Nous, ce qui nous importait, c’était d’être en studio, de faire du son et c’était le propos de notre rencontre.

Aéroplane : Et finalement, le seul vrai problème qu’on a rencontré, c’était de trouver un moment où on pouvait tous les deux être dans la même pièce au même moment.

Justement, le morceau, vous l’avez enregistré où ?

Aéroplane : Dans le studio de Benjamin ! La musique a été faite en grande partie dans mon studio. J’ai envoyé un instrumental à Benjamin sur lequel il avait déjà écrit et puis je suis allé à Paris une journée. On a peaufiné le texte et la mélodie et on a enregistré ça chez lui. Ca a été mixé à Los Angeles où on a terminé le truc chez un pote.

Et qui a écrit les paroles du morceau?

Benjamin Diamond : Pour la majeure partie des couplets et pour le refrain, c’est moi.

Aéroplane : Et c’est comme ça d’ailleurs qu’on a trouvé le titre de notre projet. Moi je chantonnais quelques idées par ci par là mais Benjamin a choisi le titre. [Rires]. Il n’y a que les français qui peuvent se permettre ce genre de titres. Ca veut rien dire mais en même temps tout le monde comprend quand même le message qu’il y a derrière.

Il y a une sacrée esthétique dans le clip, qui a eu l’idée de cette mise en scène?

Aéroplane : Aaah… Le clip c’est une longue histoire. Dans tout travail artistique, il y a plusieurs visions. Il y a l’artiste, les gens avec qui on collabore, le label, les managements. Beaucoup de gens sont impliqués. Ca crée forcément des frustrations et le clip a été un petit peu l’objet de ces frustrations.

Benjamin Diamond : Mais sinon ouais c’est quand même Vito qui a monté finalement le clip à Paris.

Aéroplane : [Rires] C’est vraiment particulier ce clip. J’avais écrit une histoire qui a changé. Finalement, ça a été filmé un peu différemment. J’ai donc essayé de retrouver l’histoire que j’avais écrite.

 

Justement, c’est aussi en regardant ce clip qu’on ressent l’histoire qui nous est racontée.

Aéroplane : L’histoire est simple. Un mec rencontre une meuf en boite. Ils s’aiment. C’est l’été et ils vont finir la soirée sur une plage. Elle se baigne nue etc.

Mais n’est-ce pas une vision idyllique de la rencontre amoureuse ?

Aéroplane : Ah ouais si complètement ! Je pense que c’est grâce au slow motion, aux images qu’on a sélectionnées. On avait beaucoup plus de rush et il y avait beaucoup plus de choses qui ont été tournées (près de Marseille) mais on s’est dit que ça servait beaucoup moins l’histoire. Donc on a choisi ces plans très lents et très poétiques. C’est un peu la poésie qu’il peut y avoir lors d’une première rencontre. Tu connais la personne depuis quelques heures mais tu penses tomber amoureux d’elle.

Du coup il faut y aller doucement ?

Aéroplane : Let’s get slow c’est pas tellement aller doucement dans la relation. C’est plutôt par rapport aux autres paroles comme « Let’s get high ». Let’s get slow c’est dur à définir. C’est pas vraiment prenons notre temps mais c’est plutôt vivons le moment présent : ce moment maintenant de manière importante.

Benjamin Diamond: Je suis assez d’accord avec les termes. C’est une rencontre peut-être idyllique oui mais surtout très poétique.

Justement, ce son est assez tropical et estival. Votre public idéal il l’écoute où et il pense à quoi ?

Benjamin Diamond : Ce que je trouve intéressant c’est que c’est un son qui peut passer à la radio et qui peut aussi être écouté en club. Tu peux aussi l’écouter chez toi, dans ta voiture, sur la plage. Il peut s’adresser directement à quelqu’un. Selon moi, les paroles font que chacun peut se l’approprier comme il le souhaite. En fait c’est les retours que j’en ai eu. Les gens ont l’impression qu’on s’adresse à eux et c’est ça qui est cool !

Aéroplane : Oui exactement, ce n’est pas juste une gimmick vocale. Il y a une histoire, en tout cas davantage que dans la plupart des sons orientés new disco. Let’s get slow c’est proche d’un travail d’acteur si tu veux. Lui, Benjamin, s’adresse à personne particulièrement mais la personne qui chante le morceau s’adresse évidemment à quelqu’un. C’est un personnage qui chante la chanson ! Je dis pas de connerie Benjamin ? [Rires]

Benjamin : [Rires] Non, non ! C’est très bien.

Avec ce morceau, vous avez finalement eu envie de toucher un public plus large?

Benjamin Diamond : Au fond, beaucoup de gens disent qu’il y a des sons plus commerciaux que d’autres. Je pense que le propos de ce single, même si on ne l’a pas conçu de cette façon, c’est qu’il passe à la radio. Moi personnellement, ça m’a toujours intéressé et je pense que c’est normal quand on est musicien de vouloir se challenger.

Aéroplane: Tu fais plusieurs singles et parfois tu te dis pour un morceau en particulier : Ah tiens je le verrais bien passer à la radio mais pourtant on n’a pas essayé de formater le single pour la radio. Mais carrément, moi ce qui me plait c’est qu’il passe à la radio mais que je puisse aussi le jouer en club. C’est pas formaté club non plus mais vu que les gens connaissent le morceau ça marche.

Benjamin Diamond : Ce que je trouve sympa aussi c’est que ça démocratise cette musique. On donne, en effet, à un public plus large, peut-être le moyen de s’intéresser à ce genre. En fait, on a essayé de lui donner une âme, à travers les paroles par exemple.

Marre de la House?

Benjamin Diamond : En tant que chanteur je vais dire que pour moi le plus important c’est d’incarner correctement le projet, même si c’est un side project d’ailleurs ! Je fonctionne de cette manière, j’écoute ce qu’on m’envoie et j’essaie de voir ce que ça me procure. Justement, tu parlais de son tropical, un peu funky pour Let’s get slow c’est ça. J’ai une vision lorsque j’écoute le morceau. Les idées s’enchainent et je me mets à écrire pour ça. Je ne suis pas contre la musique répétitive tant que c’est fait avec de la qualité.

Benjamin, pour les fans de Stardusts, qu’est-ce qui a changé entre Music sounds better with you (1998) et Let’s get slow (2015) ?

Benjamin Diamond : Musicalement, j’ai eu une progression artistique, forcément mais je ne pense pas avoir vraiment changé. Ma démarche à la base a toujours été la même : c’est faire de la musique et essayer de faire danser les gens. Par contre, j’ai géré un label pendant dix ans, j’ai fait beaucoup de prod’.

Est-ce que ça change la façon de voir comment on fait de la musique ?

Benjamin Diamond : Bien sur, ça change les choses. J’ai essayé, et peut-être à mauvais escient de mener une carrière d’artiste et en même temps de diriger un label et j’ai mis dix ans à me rendre compte que c’est trop difficile de concilier les deux. J’ai fait ce label sans regret aujourd’hui mais là, je décide de faire autre chose et de retourner vers ce que je sais faire de mieux entre guillemets, c’est à dire chanter et faire du son et c’est ce que je fais aujourd’hui! Refaire un single dix ans après, repasser à la radio, pour moi c’est un peu ma deuxième chance. Je veux avancer lentement. Tranquille, quoi !

Quick questions pour Le Gorille, c’est parti !

 Entre l’instrument et l’ordinateur, vous choisissez quoi ?

Aéroplane : L’instrument.

Benjamin Diamond: Moi aussi. Ma voix !

Le son qui passe le plus chez vous, oklm?

Benjamin Diamond: Marvin Gaye

Aéroplane : Pet sounds

Votre meilleur souvenir de soirée?

Aéroplane: Flow Festival à Helsinki

Benjamin Diamond: Tournée en Asie du Sud Est à Bangkok (Ministry of Sound)

La pire question qu’on vous ait posé en interview ?

Aéroplane : « Tell me a little bit about yourself »

Benjamin Diamond : Quand est-ce que va sortir l’album ? Lorsque l’album est déjà sorti…

Merci aux deux artistes pour avoir répondu à nos questions, présents d’ailleurs à la soirée Electroshock.

Merci à Benjamin Auriche pour les photos.

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Fanny Schobert

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