Interviews

Romare – The Interview

A l’occasion de la sortie de son premier album sur le label Ninja Tune, le Gorille a rencontré le DJ et producteur anglais Romare. Il nous parle de son parcours musical ainsi que de ses méthodes de production.

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Quel a été ton premier contact avec la musique et en particulier la musique afro-américaine ? 
Mon père jouait du blues à la guitare, il achetait aussi beaucoup de disques américains – du blues, du jazz et du folk – qu’il écoutait souvent à la maison et je pense que je les écoutais inconsciemment. J’aimais les voix des chanteurs et chanteuses américains, et j’ai développé assez tôt un intérêt particulier pour ces sons.

Jusqu’ici tu as eu une approche qu’on pourrait qualifier d’ethno-musicologique [utilisation de très nombreux samples issus de la musique afro-américaine] dans ton travail, comptes-tu continuer dans cette voie-là ?
Non, je pense que je vais passer à autre chose pour ne pas qu’on associe à mon nom une étiquette. C’est juste que j’adore le jazz et le blues. J’ai acheté beaucoup de disque de jazz car c’est un genre dans lequel on peut trouver facilement des disques rares et magnifiques, même quand on est étudiant et qu’on n’a pas beaucoup d’argent. Je me suis retrouvé à sampler beaucoup de disques de Black music, simplement parce que j’en avais beaucoup.

Comment travailles-tu en studio ? Est-ce que tu pars d’un sample que tu aimes et tu construis ensuite un morceau à partir de ça ?
Souvent je pars d’un sample. C’est le côté inspirant du sampling : tu écoutes tes disques et tu entends un passage qui te surprends, que tu n’as jamais entendu avant. C’est le potentiel de ce sample qui est intéressant et qui me motive à faire un morceau : avec quoi puis-je le mélanger ? à quelle vitesse l’utiliser ? etc.
Mais il m’arrive quelquefois de partir d’une ligne mélodique que j’ai jouée à la basse. En fait, mon set de studio se compose d’une basse, d’une guitare électrique, de synthétiseurs, de mes platines, de ma collection de disques et de mon ordinateur sur lequel j’ai des drum machines. Mes morceaux se composent grosso modo de 50% de samples et 50% de musique que j’enregistre.

[youtube www.youtube.com/watch?v=kbJgFSqTrqc]

Est-ce que ton entrée chez Ninja Tune a changé quelque chose à ton approche de la production ?
Ninja Tune m’a contacté pour que je fasse un album chez eux à la fin de l’été 2013. J’ai enregistré pas mal de tracks dans le but de faire un album et ils ont de leur côté sélectionné les morceaux qui sont sur l’album. Ils ont une longue histoire avec la musique à base de samples (DJ Food, etc.) et ils étaient là pour m’aiguiller sur la construction d’un album, pour que celui ci ne soit pas trop indigeste par exemple.

Ton dernier EP sur Ninja Tune et maintenant ton album laissent suggérer que tu t’orientes plus vers la house, là où tes maxis précédents étaient très influencés par la bass musique anglaise. Est-ce un choix volontaire ?
Je pense que ça vient du fait que les gens chez Ninja Tune ont justement choisi des morceaux avec une vibe plus house. Je n’ai en tout cas pas pris la décision de m’orienter vers la house. Je pense que je voulais surtout faire des morceaux moins « club », faire un album qu’on pourrait écouter plus facilement chez soi ou sur la plage.
Ce qui est cool avec un album, c’est qu’on a plus de place pour expérimenter, faire des morceaux plus variés. Après, il est vrai que j’ai pas mal mixé ces derniers temps, et peut-être qu’inconsciemment j’ai été influencé par les disques house et disco qui sortent en ce moment et que je joue en club.

[youtube www.youtube.com/watch?v=8XBf7W3GERo]

Comment en es-tu justement arrivé à être DJ ?
J’ai voulu être DJ après avoir vu des DJ dans des soirées alors que je faisais un set live. C’est à ce moment que j’ai découvert toute la richesse que peut avoir un mix : choisir des disques qui vont bien ensemble, construire un DJ set intéressant avec des morceaux anciens et des morceaux récents, etc.

Et pour ce qui est de la production ?
J’ai commencé par être batteur dans plusieurs groupes, puis petit à petit j’ai appris d’autres instruments et je me suis mis à composer des morceaux, pour finalement me rendre compte que je pouvais enregistrer des morceaux tout seul.

Pour finir, si on t’obligeait à ne pouvoir écouter qu’un disque toute ta vie, que choisirais-tu ?
Ce n’est pas une question facile ! Je dirais Les Planètes, la suite symphonique de Gustav Holst. C’est une œuvre super riche, c’est dur de s’en lasser.

Et un artiste (vivant ou mort) que tu rêverais de voir en concert ?
Jimi Hendrix, évidemment !

Merci Romare !

Propos recueillis par PAM
Crédit photo : Chris J Rhodes

Plus d’informations :
http://romaremusic.com/
https://www.facebook.com/romaremusic

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