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Report Les Nuits de Pleine Lune #7

Vendredi 9 Janvier. Au Cirque Électrique.

Tamagawa, au Japon c’est le nom  d’une rivière tristement célèbre parce qu’un écrivain s’y est donné la mort avec sa femme en 1948. Bref, Tamagawa propose une musique expérimentale sur toile post-rock avec des aplats de drones (bourdons en langue de Molière). Il s’agit de « drone music » contemporaine non pas de « drone music » ethnique quoique le gagaku japonais ait un public. Uniquement armé de sa guitare, d’un delay et d’un ampli électrique, sa performance live déploie un univers étrange où le temps et l’espace semblent se dérouler à l’infini. L’artiste appelle cela du « blues psychédélique lunaire ». Les  harmonies changeantes nuancent chaque titre qui s’offre invariablement comme une toile où le clair-obscur est empire. Lors du show, le cerveau est dans la même léthargie planante que l’on ressent dans le moment qui suit un coup sur la tête. Parfait pour se plonger avec délice dans cette soirée à la coloration psyché ou dans un bain brûlant une fois rentré chez soi ( à écouter : Mishima, le dernier Samouraï).

On enchaîne avec Bisou de Saddam. Passons outre ce nom quelque peu wtf pour parler de ce groupe de quatre mecs qui jouent de la pop punk aux accents psyché californiens. Un live très cool qui assure une transition énergique avec l’artiste précédent. Une musique qui ressemble aux bonbon « Têtes brûlées » car elle est à la fois acide et sucrée. Le public est conquis et nous aussi.

On passe à Keruda Panter. Le groupe a déjà quatre ans d’existence. Des mecs torses poils avec des boucs et un drapeau allemand sur lequel il y a une croix en scotch. Beaucoup d’informations en même temps, certes, mais leur maîtrise rend ce joyeux foutoir très lisible à l’écoute. Les gars chantent en français et rares sont ceux qui ont résisté à l’envie de se déchaîner sur leur musique. Tout comme la bière qui colle au sol et qui fait « scrouitch »à chaque pas, Keruda Panter à ce côté déglingué fort sympathique.

La soirée s’est conclue avec le Dj Set de Tropical Horses. Il nous faut reconnaître le talent de ce gars qui est tantôt musicien, tantôt Dj. Peu importe le costume qu’il endosse car il assure une prestation de qualité en gérant son ordinateur, ses instruments électroniques, ses claviers et sa guitare. À lui tout seul, il fournit le travail d’un groupe et vous entraîne sans problème dans une atmosphère aérienne et parfois plus grinçante. Ses inspirations sont diverses et variées, de Glass Candy à Matthew Dear, en passant par New Order, Dot Allison ou encore Krikor & The Dead Hillbillies.

Le Cirque Electrique est un lieu très agréable mais on a juste trouvé dommage que le bar ne soit pas au même endroit que la salle de concert. En allant reprendre une pinte, vous risquez de louper une partie du show ou d’être tenté de partager une série de cigarettes avec les gens du public au demeurant fort sympathiques. L’organisation de l’événement n’en demeure pas moins très bien menée. On ne peut que saluer l’initiative des Nuits de Pleine Lune qui nous fait immanquablement découvrir des talents de la scène indé à travers une programmation  très éclectique et qui séduit un public toujours plus avide de nouvelles sensations.

Yumi

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