Interviews

Talisco réalise tous nos souhaits

Talisco est un artiste à multiples facettes qui explore le monde de la musique avec une aisance que beaucoup d’artistes lui envieraient. Après s’être fait remarquer avec la chanson Your Wish, son premier album Run, au design irréprochable, est enfin sorti dans les bacs : l’occasion pour le Gorille d’aller lui rendre une petite visite

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Pourrais-tu présenter le projet Talisco?

Alors je suis Talisco, ça fait deux ans que j’ai signé dans une maison de disque et je suis tout seul. Juste avant je faisais juste de la musique en dilettante : j’en fais depuis que je suis gamin, de l’âge de onze ans jusqu’à l’âge de vingt ans à fond. J’ai commencé mes premiers morceaux à l’âge de treize-quatorze. Des projets jusqu’à l’âge de vingt ans et après j’ai zappé.

 

Et comment s’appelaient les projets à l’époque ?

Il y a eu Melen Variety, mais je crois qu’on l’a jamais écrit. Et après il y a eu un autre projet qui n’a jamais porté de nom. Et à l’âge de vingt ans ça s’est arrêté parce qu’il faut bien bouffer, faut bien bosser et du coup j’ai mis la musique de côté. Il y a quatre ans de ça je m’y suis remis en commençant par faire de l’électro, c’est quelque chose que j’adore faire, avec mon ordinateur, mes claviers, mes instruments à droite à gauche, et je me suis mis à prendre le micro, à chanter parce que j’étais en train de bosser sur un projet avec une pote à moi qui a une super voix, qui a bossé avec Tricky. Et donc du coup j’ai bossé avec cette nana et c’est elle qui m’a convaincu de chanter et il y a deux ans je me suis remis à faire un projet seul et j’ai été signé par Roy Music. Donc j’ai vraiment repris la musique il y a trois ans et demi/quatre ans.
Pour les présentations c’est ça, mais à la base vraiment sur le projet Talisco je suis seul. Je réalise, je mixe les morceaux, je suis tout seul, j’ai mon ordinateur, mon keyboard, mes machines, ma guitare, ma basse… La majeure partie des compos ont été faites sur mon canapé. Après j’ai été obligé de rencontrer des mecs pour jouer sur scène. Etre tout seul c’était un peu chiant. J’aime bien aller voir des shows où c’est rock, c’est puissant, les mecs t’en envoient plein la tronche. Donc être tout seul, pourquoi pas, mais je suis pas un performeur. Donc l’idée c’était de trouver des musiciens, j’ai trouvé des musicos qui sont devenus mes potes. Ca fait un an et demi que je bosse avec eux maintenant, c’est vraiment devenu des amis, c’est des musiciens instrumentistes, il y a Thomas Pirot, il joue avec plein de groupe, il est connu dans le monde musical, et c’est un multi-instrumentiste. A la base il est batteur mais il fait plein de choses. Et il y a Gautier Vexlard.

 

Tu es sur Wikipedia ?

Sur Wikipedia je sais pas si on les trouve, je sais même pas. Il y a un pote à moi qui m’a fait il y a pas très longtemps « Jérôme t’es sur Wikipedia » – « Ah bon. » donc je suis allé voir et puis oui en effet je suis sur Wikipedia mais il n’y a pas trop d’infos je crois. Mais vous allez les trouver assez facilement. C’est des multi-instrumentistes, des mecs qui sont à la base ingénieurs du son, les deux sont batteurs et on a tous un petit peu le même profil. On a tous chacun un instrument mais on est tous plus ou moins bidouilleurs et ça pour moi c’est important.

 

 

 

Du coup tu as toujours fait toute ta musique tout seul chez toi, mais pour l’album tu as dû aller en studio pour enregistrer ?

Pour l’album, j’ai fait 70% des enregistrements chez moi, et le reste c’était dans un studio mais c’est essentiellement de la voix. Je suis pas un fan de studio. Je suis très habitué à bosser tout seul, à faire mes trucs tout seul, c’est une méthode que beaucoup de musiciens ont aujourd’hui. C’est facile, t’achètes un ordi, des logiciels, t’as tout ce qu’il faut. Alors il suffit que tu t’achètes des instruments et t’es le roi du pétrole, parce que tu vas vraiment où tu veux. Du coup c’est pratique. Et là je parle pas d’économies. Je suis pas en train de dire que c’est moins cher. C’est juste pratique d’aller à l’essentiel, au moment où tu veux, sans qu’il y ait de contraintes ni quoi que ce soit. C’est comme ça que je le vois. Parce que si à chaque fois tu dois aller à l’autre bout de Paris pour enregistrer une guitare, prendre un rendez-vous de telle heure à telle heure, non. Tu fais vraiment comme tu veux.

 

Et comment est venu ton succès finalement ? A onze ans tu voulais déjà être connu ?

J’ai jamais cherché à me faire connaître quand j’avais onze ans. Je faisais de la guitare, j’ai créé mes premiers morceaux à l’âge de douze-treize ans, j’avais un groupe, j’étais en quatrième je crois, et on se produisait sur de toutes petites scènes. Franchement avant Talisco j’ai dû faire cinq concerts dans ma vie quoi, mais y’avait rien d’abouti. Et au moment où t’es pas loin de passer le Bac, là tu réalises que t’as pas forcément le temps. Moi j’étais un bon branleur en plus (rires), donc du coup il a fallu que je mette les bouchées doubles.
Après je me suis vite rendu compte en faisant des petits boulots l’été qu’il fallait absolument que je taffe parce que j’avais pas le temps de faire de la merde, donc j’ai fait mes études. J’ai fait un BTS Communication, donc je suis rentré dans le circuit et la musique c’est pas exactement passé à la trappe mais c’est passé en mode frustration. C’est passé de « ce que tu voulais faire » à « ton petit rêve ». Donc du coup, c’était qu’un rêve, tu le mets de côté. Et là c’est dur. Mais j’ai jamais été réellement frustré. J’ai bossé dans des agences de com, je me suis régalé, j’ai fait plein de trucs. J’ai même monté ma propre agence. J’ai pas senti de grosse frustration. Après je faisais de l’électro en dilettante, j’avais des machines, je m’éclatais, mais à force de voir des concerts, tu te retrouves devant la scène, je me suis dit « putain, pourquoi pas moi ». Et à un moment donné tu te dis « allez, ok, je vais tenter le truc ». Parce qu’à un moment donné tu peux être amené à abandonner plus ou moins mais ça te revient en pleine tronche si t’es réellement passionné. Et c’est jamais trop tard. C’est parfois même intéressant parce que tu prends de la maturité au final. Tu prends du recul par rapport à tes envies et ça peut être intéressant.

 

Parle nous de ton premier concert en tant que Talisco.

C’était au W Hotel, j’étais à un événement privé, on était juste deux, Gautier avec moi. On a joué une demi-heure et on était hyper flippés parce qu’on n’avait répété que trois jours. Moi j’avais monté tous les morceaux, trois jours avant et il y a Gautier qui arrive et je lui dis : « ok, on va faire un concert d’une demi-heure, comment on fait ? ». A deux pour interpréter la musique c’était pas possible. Du coup on a dû trouver des solutions, mais c’était super bancal. On a fait ce concert en une demi-heure, c’était pas mal, vraiment flippant mais rigolo.

 

 

Le meilleur concert que tu aies fait ?

En fait, tous les concerts sont assez dingues, j’ai adoré tous mes concerts mais le gros concert où je me suis éclaté c’est au Paleofestival, un des plus gros festivals en Europe. Il y avait les Black Keys, Gesaffelstein… C’était vraiment énorme, on avait cinq mille personnes devant nous, c’était loin d’être la plus grosse scène mais c’était énorme parce que le public était juste dingue et il y avait plein de personnes qui connaissaient les chansons. C’est la première fois que je voyais autant de monde chanter les chansons et pas juste Your Wish mais aussi d’autres morceaux. J’ai halluciné.
Et sinon, un gros événement qui m’a marqué, c’était au Bataclan, c’est parmi les premiers concerts, on était en première partie de The Vaccines. Les gens ne nous connaissaient absolument pas mais en face de nous il y avait que des nanas qui étaient complétement hystériques – mais alors personne ne nous connaissait ! On est montés sur scène, on a commencé à faire un coup de guitare et tout le monde était fou. Donc du coup on a été complétement transporté par le public, c’était vraiment cool.

 

Est-ce que tu dirais que la publicité Balsamik qui reprend ta chanson phare, “Your Wish”, a été un tremplin pour toi ?

C’est drôle parce qu’en concert j’en vois plein qui font “ah mais oui !” dès qu’on commence à balancer les “tip tip tip”, je vois des gens qui captent “putain, je sais pourquoi on est là, c’est pour ça”. C’est une question essentielle parce qu’on s’adresse à des gens qui ne connaissent pas mais qui pourtant ont déjà entendu. C’est ça le problème. T’as deux types de projets, t’as deux entrées. Soit tu déboules de nulle part et tu passes directement à la radio, t’as jamais fait de concert et les gens t’entendent mais ne savent pas qui tu es, soit t’as déjà fait énormément de concerts et à ce moment-là tu as déjà une grosse base de fans quand tu entres en radio et du coup tu es plus facilement identifiable. Le projet Talisco ça arrive de nulle part finalement. Moi je n’avais pas fait de concert, j’avais sorti le premier EP, il n’était même pas commercialisé, on l’avait juste distribué à des professionnels, des journalistes, et il y avait Nova qui passait Your Wish. On les a appelés “attendez mais il y a rien, c’est pas du tout officiel !”. C’est arrivé comme ça Your Wish. Il y a beaucoup de gens qui connaissent le morceau mais personne ne sait qui c’est. Et c’est logique en fait, c’est normal. Donc oui, il y a un problème d’identification, mais ça ne me gêne pas.

 

C’est toi qui as lancé l’idée de Balsamik ou plutôt ton label ? J’imagine qu’il y a eu un gros process derrière la vente de la chanson à Balsamik.

Oui, franchement ça c’est une histoire de label, de maison de production. L’idée c’est que t’as une agence de com qui met en place une pub, qui travaille pour une marque, et après ils vont chercher un morceau. Là, ils ont eu un coup de coeur, de toute façon ça marche souvent par coup de coeur. Des morceaux t’en as des milliers et des milliers donc c’est vraiment une chance que ce soit le mien. C’est cool parce que tu profites d’une grosse visibilité. Mais la vraie question derrière c’est : est-ce que ça ne va pas nuire au projet ? Ça c’est la vraie vraie question. Moi j’ai pas le sentiment que ça nuise au projet. Moi ça ne me dérange pas, c’est pas une pub pour le saucisson, là je me serais posé la question en effet. Balsamik, quand ils m’ont proposé le projet, il y avait des petites nanas entre trente et quarante ans qui se baladaient très naturellement dans la rue, l’image était plutôt spontanée, sympa, c’était pas “too much”. La musique, tout le monde s’en empare. Il faut le contrôler quand c’est de la pub parce que c’est quelque chose de récurrent mais chez Balsamik c’est plutôt quelque chose de frais, de sympa, y a rien de méchant, après on aime ou on n’aime pas. Et le résultat a fait que souvent les gens connaissent le gimick mais ne savent pas du tout qui c’est. Mais ça ne me gêne pas.

 

D’ailleurs ça rentre bien dans la tête comme il faut…

Ouais, une fois que tu l’as… tu l’as quoi !

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On parlait de tournées tout à l’heure, ça se passe comment pour toi en Europe?

Disons qu’en Allemagne c’est très différent dans le sens où il y a Virgin Records qui est là-bas, donc du coup c’est un gros label qui s’occupe de nous et ils sont vraiment derrière notre cul dans le sens où ils font une énorme promotion. C’est assez rigolo parce qu’il y a beaucoup de gens qui nous connaissent là-bas et ça marche pas mal, ça passe dans les radios, ça tourne… On va voir ce que ça va donner. Ça n’a rien à voir avec la France mais pour l’instant c’est cool. Après on va bouger en Hollande en Belgique, dans pas mal d’endroits.

 

Et tu n’as fait de concerts qu’en Europe jusqu’à maintenant ?

L’Europe c’est un gros morceau déjà, après, le Japon, les Etats-Unis c’est vraiment des marchés qui sont complètement différents. Les opportunités, il faut qu’elles soient vraiment importantes pour attaquer les Etats-Unis parce que c’est comme l’Europe, c’est très très vaste.

 

Et le Japon par exemple ? Il y a plein de groupes qui ont débuté au Japon avant d’arriver en France.

C’est possible. De toute façon il y a des petits bruits au Japon donc ça peut le faire, c’est pas exclu du tout.

 

 

Qui a réalisé les clips ? Est-ce que quand tu as composé les chansons tu imaginais déjà faire un clip ?

Pendant que je créais l’album, non. En fait, l’album a vraiment été créé dans l’urgence. C’est pour ça que je l’ai appelé Run. En fait il y a deux raisons. Je l’ai appelé Run parce que c’est comme une métaphore, Run c’est un peu le départ, l’aventure, etc. ça regroupe un peu tous les thèmes qui sont dans l’album. Après il y a une deuxième chose, c’est que je l’ai réellement écrit dans l’urgence. Vraiment. J’ai composé cet album en deux mois, quelque chose comme ça, pas plus, l’idée c’était vraiment d’en extraire un maximum de spontanéité, d’être sincère avec moi-même. A partir du moment où je prends trop de recul sur un morceau, que je le réfléchis trop, c’est comme pour tout, c’est comme pour le dessin, pour plein de choses, surtout pour une peinture ou un dessin c’est pire que tout. Tu reviens dessus, tu re-reviens dessus, tu perds la magie du truc. Après ça dépend des gens, moi je bosse dans l’instant, je fais les choses comme ça. Après, si je reviens dessus, je perds les choses.

 

Donc en fait, tu vis dans l’urgence ? [rires]

Non, non, je ne vis pas dans l’urgence, ou pas vraiment. Mais je fais les choses… l’urgence c’est pas forcément le bon terme.

 

Après, c’est pas forcément négatif…

Là en tout cas, c’est du jeté. Tu prends ta guitare, tu y vas, tu enregistres le plus vite possible histoire de te détacher de tout ce qui peut être concepts. C’est comme ça que j’ai fait l’album. Après, j’ai pris du recul sur ce que j’ai fait, une fois que c’est à plat, j’ai dis “OK, il y a ça qui en sort”. Mais quand je compose, c’est tous azimuts, c’est vraiment la musique, avec le chant, avec les paroles, il y a tout qui vient en même temps. Après, je prends du recul sur ce que j’ai fait et là forcément, il faut que j’en parle et le meilleur moyen d’en parler c’est à travers la vidéo. Je suis pas un cinéphile, mais j’aime l’image, j’aime l’image que ce soit du court-métrage, du film, de la photo, peu importe. J’aime l’image.
Du coup, l’idée c’était de parler de la musique, là pour le coup j’ai pris du recul sur ce que j’ai fait et j’en ai parlé en vidéo et c’est vrai que ce qui en ressort c’est de l’espace, c’est de la lumière, c’est quelque chose de positif, il y a un côté un peu… pas grandiloquent mais contemplatif dans ma musique donc du coup ça s’est transcrit de cette façon là en vidéo. J’ai pris des personnages qui sont un peu crus, un peu bruts, parce que la musique a été faite comme ça. Il y a beaucoup de lumière. C’est une lumière assez intense, c’est la lumière qu’on retrouve du côté de la Californie ou un petit peu plus haut et c’est important parce qu’il y a un côté positif. Quand tu regardes au loin du peu vraiment te projeter dans cette idée-là, les grands espaces, ça me paraît nécessaire. Et puis il y a cette idée de courir après quelque chose, d’aller chercher quelque chose et ça tu le vois à travers le jeu des mecs. Tout ça c’est plus ou moins codé. Je ne l’ai pas réalisé seul, mais avec des réalisateurs américains avec qui je suis devenu pote, qui sont venus voir le deuxième concert, c’était au Baron, et qui ont aimé le projet. Du coup je les ai rencontrés, on a parlé vidéo etc. et ça c’est fait autour d’une table. Les mecs comment je leur ai proposé, quand je leur ai dit comment je voyais la musique en vidéo ils on été hyper séduits parce que c’est leur façon de bosser donc on s’est mis d’accord très rapidement. C’était une longue réponse. Vous avez de la matière.

 

Est-ce que tu as peur qu’avec cette démocratisation de la vidéo sur Internet, la musique devienne beaucoup plus accessible et donc gratuite ? C’est quoi ton opinion sur le téléchargement illégal ?

 Ah, je télécharge illégalement de la musique, je n’ai aucun problème avec ça, ça fait dix ans que je fais ça. Ah non je dis des conneries parce que je ne télécharges même plus en fait, j’ai téléchargé pendant très longtemps, aujourd’hui j’écoute sur Deezer, sur Spotify. Je suis un gros gros consommateur de musique mais je ne suis pas quelqu’un qui achète de la musique. Je l’écoute sur Spotify ou sur Deezer. Mais je n’ai aucun problème avec tout ça. C’est comme ça que je la consomme et c’est comme ça que ça fonctionne aujourd’hui, après quand j’ai besoin d’un morceau avant je le téléchargeais, maintenant je préfère avoir de la qualité donc du coup je les achète, mais c’est rare. Deezer, j’ai pris clairement un abonnement, du coup je me fais même plus chier. Franchement, je dois consommer une trentaine d’albums par mois. Ca fonctionne bien donc j’y vais.

 

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Il y a une question que tu aurais aimé qu’on te pose en interview et que personne ne pose ?

Non, pas vraiment. Non, vous avez posé des questions qui étaient cool, c’étaient des questions assez pertinentes, c’est bien. Après, souvent moi je m’empare des questions et je rajoute des trucs, mais non je ne me sens pas frustré par rapport à ça.

 

[Bonus Gorille] Quel animal serais-tu dans la jungle ?

Je ne sais pas, je n’ai jamais envisagé être un animal, mais il y en a un qui me fascine. Bon, c’est un peu cliché, mais ça me fascine, c’est le tigre. Je trouve ça puissant, je trouve ça énorme, j’en ai caressé un l’année dernière, je trouve ça complètement dingue. Ça, c’est mon trip.

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Propos recueillis par Lucile Brière et Sabrina Eleb

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