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EKŌ CLUB REPORT

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Haïku du dimanche

Fer de lance de ce que Libé a appelé le « renouveau de la nuit parisienne », les soirées Die Nacht font définitivement partie de la mythologie du clubber des années 2010. L’équipe de Die Nacht, aujourd’hui Blank, a toujours fait montre d’une intelligence certaine pour investir des lieux originaux et y organiser de mémorables soirées. On se souvient des soirées à la piscine Molitor ou au Bourget, à une époque où l’on se plaignait encore de la morosité des nuits parisiennes.  Aujourd’hui, l’équipe de Blank vient d’ouvrir sa propre boîte, l’Ekō Club.

Le site du club – minimaliste et évoquant la nuit tokyoïte – ainsi que  la promesse d’un line-up pointu ont suffi à piquer ma curiosité ; je m’y suis rendu le soir même de son ouverture. A deux pas du Rex, le club est parfaitement situé pour y commencer sa soirée (il ouvre ses portes à 21h) et l’entrée y est gratuite.

La déco, dans le même esprit que le site, n’arrive toutefois pas à satisfaire mes attentes d’exotisme. Après avoir franchi le seuil de la boîte je me retrouve dans une salle aux murs gris sur lesquels défilent des vidéos prises à Tokyo. Il est 23h30 et je fais visiblement parti des premiers arrivants. Je commence par visiter le lieu. Le fumoir, déjà bien rempli, est très agréable : bien ventilé, il donne sur une baie vitrée d’où l’on peut voir une queue se former devant la physio. De l’autre côté de la salle, des escaliers mènent à un petit dancefloor trop éclairé où discutent, un verre de saké à la main, deux jeunes trentenaires, vestes APC, barbes de trois jours, jeans retroussés. Ils sont immobiles, ignorent la musique. Il est 23h45 et j’espère que la soirée n’a tout simplement pas encore commencé. Trente minutes plus tard, le dancefloor commence à se remplir mais personne ne semble pour autant vouloir danser. Les gens parlent, posent pour une photographe, leur blagues deviennent parfois très douteuses (imiter les pas des Blues Brothers sur de la house, moyen) et il en sera ainsi jusqu’à ce que je parte à 4h30.

Bon, les barmans et barmaids sont très sympas et le prix des verres n’a rien de scandaleux pour une boîte dans le IIème. Mais inutile de dire que, malgré un set de qualité de Maayan Nidam, je me suis ennuyé comme il m’était rarement arrivé de m’ennuyer.

L’Ekō club est-il condamné à n’être qu’un nouvel afterwork pour les salariés des boîtes de web design du quartier ? Ou bien, l’ambiance de cette soirée d’ouverture n’était due qu’à la présence d’une population qui court après les vernissages ? Il faudra donc y retourner pour s’en faire un avis définitif. Et si le lieu (un petit dancefloor et une grande salle pour poser des bouteilles) semble n’avoir été pensé que dans le but d’attirer le genre de personnes avec qui il n’est pas possible de s’amuser, il a cependant suffisamment de qualités pour faire de l’Eko club une boîte honorable. Reste à savoir si l’Ekō Club profitera de l’hiver pour se métamorphoser.


Pierre-Arthur Michau

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