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Gesaffelstein à l’Olympia, la musique de vos pires cauchemars en live

gzsaff

            Mike Levy, aka Gesaffelstein incarne actuellement la seconde génération de la French Touch. Propulsé par The Hacker, son mentor et ami de toujours avec qui il a fondé le label Zone, le beau ténébreux a su se faire un nom dans le milieu de l’électro. On peut noter à son tableau de chasse son intervention pour la prod’ de Send it up et Black Skinhead sur l’album Yeezus de Kanye West et accessoirement des remix pour Lana Del Rey, Depeche Mode, Cassius, Boys Noize, Justice etc…

            Peu féru des interviews, le lyonnais est toutefois apparu à la tête de soirées parisiennes ultra branchées durant l’année 2013 tels que la Peacock Society, au Social club, au festival des Inrocks, au Electric Paris et dernièrement à NOUS SOMMES 2014. En plus de tourner autour de 3 dj sets par semaine, il a sorti le 28 octobre dernier son premier album ALEPH, attendu comme le Messie. Il était le jeudi 30 Janvier à l’Olympia.

            Tout le gratin de l’électro était présent ce soir-là. Le fondateur de Bromance Record, Brodinski est venu soutenir son pote ainsi que les quatre membres de Club Cheval. Surkin du label Marble et Michael Dupouy de la MJC (l’agence de com’ la plus tendance du moment !) avaient eux aussi leur billet. On pouvait également apercevoir au balcon le crew Ed Banger : Pedro Winter plus connu sous le nom de Busy P (et ancien manager des Daft Punk) et Gaspard Augé de Justice. Eh oui, rien que ça… Un public assez hétéroclite est venu remplir la fosse, du goth de 60 piges qui vient se faire servir sa bière dans une corne d’éléphant (si, si) au pré-pubère de 14ans qui prend 50photos/minute (quoi de plus normal ?). Sans surprise, la première partie du groupe C. A. R. est rythmée de « Gesa ! Gesa ! Gesa ! » et ne présent aucun intérêt. Enfin terminée, quelques minutes plus tard, sobre et sombre, l’astre noir fait son apparition.

            Derrière son massif bloc métallique, il vous envoie en pleine face 90 minutes de sons qui vous transpercent et qui vous replongent dans vos angoisses les plus obscures. OPR, Pursuit puis l’anxiogène Duel et l’oppressant  Controle Movement donnent le ton. Il nous ménage tout de même avec des calmes moments poétiques comme le somptueux morceau Aleph.

            Le live est déroutant. Mais qu’est-ce que c’est bon. On est trop habitué au beat qui accélère, qui accélère, qui accélère… et puis BAM ! Le climax. Tout le monde saute, crie dans tous les sens. Avec Gesaffelstein, c’est diffèrent. On perd nos repères rythmiques et mélodiques. On se souvient ce que c’est que vraiment découvrir une musique. On danse sans pouvoir anticiper aucun son. Et c’est pourquoi sa musique nous a plus habité qu’on ne l’a habitée pendant ce live, un plaisir auditif et plus largement physique incomparable.

            Le spectacle visuel est aussi au rendez-vous. Derrière celui qu’on surnomme le « prince de l’électro », les images défilent : un ciel étoilé émouvant qui nous suggère à quel point nous sommes insignifiants à l’échelle de l’univers, des photos plus politiques de conflits armés et une animation qui rappelle Le Cri de Munch. A croire que Gesaffelstein veut nous mettre sous anxiolytiques…

            En sortant, une basse de mille watts nous viole les tympans et on cogite sur les raisons pour lesquelles on apprécie cette musique ainsi que sur le concept même de musicalité. En fait, Mike Levy cherche avant tout des sons nouveaux et non une mélodie. Il extériorise ainsi les maux, la violence, vos affres et tourments d’une manière magnifique. C’est dans ce paradoxe masochiste qu’on trouve son plaisir. Comme le dit si bien Baudelaire, « la musique creuse le ciel »,  mais qui a dit qu’elle ne pouvait pas nous mener aux enfers ?


Marie Tourret & Benjamin Lepreux (futur Celsien peut-être)

@BenjaminLepreux

https://soundcloud.com/benjaminlepreux

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2 réponses »

  1. Sympa pour C.A.R., qui comme vous ne le savez certainement pas chante sur deux morceaux d’Aleph. J’adore Gesaffelstein, mais là on a vraiment un article de fanboy sans aucune once d’esprit critique, rempli de métaphores pompeuses.

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