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Man is not a bird prend son envol

Man is Not a Bird c’est un peu le groupe que les gens ne connaissent pas encore mais dont tu pourras parler fièrement à tes potes : musicalement puissants et au design irréprochable (ce qui leur a d’ailleurs valu de se retrouver au classement des 50 plus belles pochettes d’album de Bandcamp) les Man is Not a Bird cultivent leur différence en ne proposant aucune voix sinon des samples. Le Gorille a pu rencontrer les membres du groupe, Valentin et Julian à la guitare, Julien à la basse et Adrien à la batterie, qui envisagent de sortir leur premier album très bientôt. Le Gorille sera en tout cas présent le lundi 3 février au Batofar pour leur concert en première partie de And so I watch you from Afar!

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Man is not a bird, le nom de votre groupe vient du film du même nom ?

 Julian : Ah ! Tu connais le film ?


Non mais j’ai fait mes recherches !

 Adrien : Elle a tapé sur google !

 Julian : On a essayé de monter un projet instrumental. En fait on provient tous de groupes assez métal pour certains, d’autres plutôt pop et rock. Et donc on a monté ce projet instrumental en se disant que ça serait cool de rajouter des parties vocales, mais sans chanteurs. Donc on s’est dit qu’on puiserait dans des vieux films pour chercher des samples de voix. Et du coup, on est tombés sur ce film là qui s’appelle Man is not a bird, mais c’est la traduction anglaise. A la base c’est un film yougoslave des années 1965. On a surkiffé le nom, et du coup on l’a pris. Et donc on utilise des bruitages, des dialogues de ce film qu’on intègre dans nos chansons.

Du coup elles viennent d’où toutes ces voix enregistrées ?

 Julian : En premier ça vient de ce film là, Man is not a Bird, après on a fait une deuxième chanson où on a intégré des voix qui proviennent d’un second film de ce réalisateur qui est une collaboration américaine et yougoslave qui est un film sur les plaisir et les désirs de l’homme. Donc on a intégré une phrase qui parle de l’orgasme. Après, on a utilisé l’intro de ce film pour un petit interlude, et sinon on utilise aussi des sons qu’on enregistre dans la forêt ou à la campagne

 Valentin : Oui, on enregistre nos propres sons aussi. On les utilise plus en ambiance entre les morceaux ou dans un passage calme d’un morceau, des sons d’oiseau, de forêt, le vent…

 Adrien : Le son d’orgasme c’était aussi Valentin.

(rires)

Du coup pour décrire votre style qui est assez atypique…

 Adrien : On aime bien se décrire entre post rock et math rock. Le post rock c’est quelque chose de très ambiant, généralement instrumental. Et math rock, car même si on est un peu moins compliqués que beaucoup de groupes de math rock, y’a quand même une dynamique rythmique qui est assez présente par rapport à beaucoup de groupes de post rock.

 Valentin : Un mec qui est fan de post rock et un mec qui est fan de math rock qui vont venir nous voir, ils vont pas forcement se retrouver. Moi je pense simplement qu’on fait du rock alternatif.

Adrien : Alors un mec qui écoute du rock alternatif ne va pas se retrouver là-dedans non plus..

Tous : On fait du rock.

Julian : En fait disons que c’est assez chiant à chaque fois de devoir catégoriser des musiques. Ce qu’on aime avant tout, c’est dégager quelque chose, notre attitude.

Julien : Et après, quand t’écoutes pas mal de groupes de post rock, y’en a pas mal où c’est relativement sombre etc… Mais nous, un truc dont on a toujours eu envie c’est de faire un truc d’énergie, un peu joyeux etc…

Valentin : Je pense qu’on fait du rock positif.

Adrien : Moi j’aurais même dit rock émotionnel et positif.

Faites gaffe, ça pourrait devenir le titre de l’article après…


Et sinon au niveau com, comment est-ce qu’on s’autoproduit quand on est un petit groupe ?

Julien : Quand tu fais du rock, c’est clair que la France c’est pas le bon pays. L’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne, ils sont beaucoup plus branchés rock.

Adrien : Le problème, c’est qu’on chante pas…

Julien : Nous, on ne chante pas, et c’est un style qui n’est pas non plus très reconnu en France. Mais pour répondre à ta question par rapport à la com, on est en autoprod et on se débrouille avec chacune de nos compétences. Moi je fais du graphisme, je fais tous les visuels…

Adrien : Ça joue beaucoup pour le groupe parce que souvent les gens qui connaissent pas le groupe le voient et se disent « wow, c’est beau, c’est quoi ? ». Ca leur donne envie de découvrir Man is not a Bird.

Julian : C’est toujours une visibilité supplémentaire. Enfin, on a chacun nos compétences, on essaie de les rassembler pour avancer.

Adrien : Et après, je pense que ce qui rend la communication plus « simple » c’est qu’on arrive à faire pas mal de concerts depuis qu’on existe. Par rapport à mes anciens projets, ça a été très vite. Les organisateurs de concerts disaient « ah c’est vachement cool, je vais vous faire jouer avant tel autre groupe », et puis à chaque concert on arrivait comme ça à renouveler.

Valentin : On a la chance d’être bien entourés depuis le début, et du coup, pour faire des concerts ça aide bien. Des gens qui nous rappellent, ça fait plaisir.

Adrien : Je pense que c’est important, on a réussi à pénétrer plusieurs styles musicaux, on a fait des concerts, avant des groupes de punk, de hardcore, de post rock, même d’électro.

Julian : Et d’acoustique, de folk…

Adrien: Donc en fait, on infiltre plein de mini-réseaux comme ça. C’est jamais des milliers de personnes mais ça permet de toucher différents publics, et ça c’est bien pour nous aussi.


Et du coup comment vous êtes-vous financés ?

Julien : L’EP on l’a fait sortir en digital. On a enregistré la guitare et la basse chez moi avec mon petit home studio et on a enregistré les batteries dans un vrai studio avec un ingé son, pour avoir au minimum une batterie acoustique, ce qui fait un peu la différence. Donc là, on s’est cotisés et on a payé tous ensemble pour enregistrer la batterie. Sinon on a sorti les EP en pressé et on les imprime chez moi, on les colle à la maison tous ensemble. On fait tout à la main. Donc on fait un peu tout nous même, mais par contre, pour l’album, on aimerait bien…

 Valentin : En fait, il y a déjà plusieurs petits labels qui nous ont contactés, qui sont intéressés. Donc on va essayer de faire ça le mieux possible, pour qu’il soit distribué un maximum, en France et peut être autour en Europe. Et surtout essayer de sortir le moins d’argent possible, parce qu’on voudrait vraiment le faire de meilleure qualité que l’EP, et enregistrer tout en studio, donc ça va coûter beaucoup plus cher.

Julien : Et on veut aussi que le pressage soit clean, qu’on soit pas des heures avec la colle.

Julian : C’est fatiguant, sachant qu’on le fait toujours la veille des concerts…

Vous pensez qu’il sortira quand l’album ?

Julien : Là on est en phase de composition. On va rencontrer des potes ingénieurs du son pour voir s’ils sont intéressés par le projet. Si on est optimistes, on vise l’hiver 2014. On a déjà une petite dizaine de chansons. D’ailleurs, aujourd’hui on répète 2 nouveaux morceaux pour voir si ça sonne.


Comment gérez-vous votre présence sur internet et dans les médias en général ? Je sais qu’Adrien tu es développeur pour ton site whyd

 Adrien : J’ai fait le site web de Man is not a Bird aussi ! Il y a une image, il y a le logo… (rires) Pour la communication, en fait, moi je m’occupe beaucoup de nous mettre sur des plateformes d’événements genre lastfm, facebook, lylo, songkick. Au moins ça parce que c’est les grosses plateformes qui permettent de rendre visibles les concerts. Et accessoirement, même si j’ai pas mesuré ce que ça ramenait, je nous ai créés un profil sur whyd, qui est le site que je développe à plein temps, sur lequel je mets tous nos morceaux. J’y mets aussi tous les morceaux des groupes qu’on aime pour que les gens qui nous suivent n’écoutent pas que notre musique mais aussi nos influences. Donc il est possible que cette plateforme, vu qu’elle est sociale, nous ait ramené aussi des fans mais j’ai pas vraiment mesuré.

Julien : Et après, on a des petits webzines et des petites chroniques quand on sort un gros morceau ou quand on fait un live, on fait au mieux pour que ça soit couvert par un livereport ou une rubrique.

Adrien : Et l’équipe de whyd nous a aussi aidé. Tony, le Community Manager de whyd a organisé le concert au Tigre et a incité la communauté whyd à venir nous voir. Je sais qu’il est souvent à nos concerts, qu’il avait fait des oiseaux en papier quand on avait joué avant Kwoon au Divan du Monde, ce qui était vraiment super…

Julian : On a fait quasiment toutes les petites salles de Paris, le Divan du Monde, le Batofar… On a joué à l’Espace B aussi.

 Adrien : On a joué aussi un petit peu en province…

 Julien : Et on a fait une mini tournée il y a pas longtemps.

 Adrien : On a fait 3 dates mais c’était cool pour nous parce que c’était la première fois qu’on partait en tournée avec un autre groupe. On est partis avec les copains de Bien à toi, et c’est génial parce qu’ils font une musique qu’on pourrait aussi décrire comme du post rock, en un peu plus énervé, plus sombre.

 Julian : Eux ils font quelque chose de plus énervé, plus « négatif » et nous, on fait quelque chose de très positif, et c’est ça que j’adore. Tu vas voir un concert, tu passes par toutes les émotions.

Adrien : Après ils sont pas haineux, c’est juste que leur musique est plus triste. C’est mélancolique.

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Des projets pour l’international ?

 Julien : Avec Bien à toi, avec qui on a fait notre première tournée, on organise 3 nouvelles tournées de 3 jours à chaque fois, et on essaie d’en faire au moins une qui passera par l’Angleterre.

Valentin : En dehors de la France, c’est là où ça sera le plus facile de vendre notre musique, parce que les cultures sont différentes et c’est mieux accepté, enfin plus cool là-bas de faire du post rock. Les gens comprennent mieux, ils sont plus ouverts.

 Julien : Il y a plus d’envie de découvrir des groupes…

 Adrien : Il y a des villes où il y a de gros noyaux de communautés qui sont fans de post rock, de rock instrumental….

Valentin : En France c’est un microcosme, tu retrouves souvent les mêmes personnes aux concerts à chaque fois. C’est sûr, ils sont ultra fidèles après, à mon avis, tout à l’heure on disait qu’il fallait une communauté pour percer dedans, c’est sûr que là-bas, il y a une communauté plus importante que ce que tu peux trouver en France par exemple.

(petit shred de guitare)


Vous avez réfléchi au financement participatif ?

 Julien : On y pense, et peut être que pour l’album on va essayer de passer par cette forme. On n’a pas encore essayé parce qu’on a pas encore eu besoin de ça. On s’est débrouillés tout seuls, c’était pas des sommes énormes et on voulait le faire nous-mêmes. Pour l’album, ça va être plus conséquent, les dépenses.

 Adrien : Si on le fait, on veut pas le faire à l’arrache.

 Julian : Que la communication autour de ça soit parfaite.

 Julien : Et on veut trouver LA bonne plateforme, parce qu’elles sont pas toutes très performantes pour les musiciens. On est en train d’étudier tout ça.

 Adrien : La problématique pour des musiciens comme nous, c’est que si on prend une plateforme purement française, on risque de ne pas toucher énormément de monde. En revanche, si on prend une plateforme non française, ça rassurera moins les français pour participer…


[Bonus Gorille] Quel animal seriez-vous  dans la jungle ?

 Valentin : Je pense qu’on serait une vache !

 Adrien : Je refuse énergiquement la vache.

 Julien : Non on serait un oiseau évidement… [recherche google] Un paradisier grand émeraude.

 Adrien : Ok je valide.

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Interview par Sabrina Eleb

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