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Thee Marvin Gays : interview de la nouvelle scène punk garage @ La Mécanique Ondulatoire (Partie 2/2)

C’est le cœur réjoui que Le Gorille s’est pointé à La Mécanique Ondulatoire le 6 décembre dernier, par une froide soirée de fin de semaine. La line-up de ce soir est alléchante, et risque de bien de réchauffer nos esprits congelés par le temps du dehors. Sur les coups de 21 heures, face à la scène, nous sommes physiquement et psychologiquement prêtes à encaisser trois bonnes heures de garage punk qui déboîte.

TMG1

     Après un premier concert jouissif (voir article Interview des Cheap Riot), le temps passe vite. Bien trop vite. La foule grouillante, revigorée, se bouscule au comptoir, sur les tables, à l’extérieur. Le temps de remplir nos verres vides, le second groupe a déjà commencé. Le temps de se décider à descendre les voir, ils ont déjà terminé. Ca avait l’air bien pourtant, les Skeptics. Ce n’est que partie remise pour ces gaillards de La Rochelle ; on espère que leur fuzz reviendra se poser à Paris bientôt.

En retournant dans les tréfonds de la cave de la Mécanique Ondulatoire, il est clair que le paysage y a changé depuis deux heures. Le public s’est chauffé aux riffs et au houblon ; et il a clairement encore soif. Moment parfait pour Thee Marvin Gays d’entrer en scène.

Dès les premières chansons de la setlist, le rock garage du groupe, pimenté à la sauce psyché, éclabousse les premiers rangs. On danse. On sautille. On acclame. On nous renverse de la bière dans le dos. Et on danse encore. Leur son est dynamité, entêtant, mais surtout loin d’être répétitif. Mention Très Bien.

Cette explosion psychédélique au sous-sol aura tout de même eu raison de nos tympans, qui vont par la suite souffrir d’acouphènes gros comme des pneus pendant 48h ; mais on leur pardonne pour bonne conduite.

Après un petit verre pour se remettre de nos émotions (et les laisser souffler), nous les rencontrons dans la back room désormais bondée, mais qui pue toujours autant le fromage.

Et sinon ce soir, c’était comment ?

Yannick : A chier.


A chier ? Très bien. Alors Thee Marvin Gays sont méga sur scène mais ils détestent leur public, c’est génial.

Y : Ils détestent Paris (rires). Non, c’est cool.

Lulu : On est partis de Tournai vers 15h30, et on est arrivés à quoi, 21h ?

Y : Normalement t’as deux heures et demie de route. Là on a mis quatre-cinq heures. C’était un peu l’horreur. C’est les fêtes, tout ça. Mais moi je suis content, parce que simplement, y’avait du monde. C’est pas que ce soit particulièrement surprenant, mais à Paris ça doit être la quatrième fois qu’on joue ici et c’est peut-être la fois où on a eu le plus de gens. Après de longs embouteillages. (silence) Tiens, tu peux aussi noter qu’en Belgique la bière est à un euro cinquante.


Ah ben j’ai pu comprendre parce que derrière moi y’avait un mec qui arrêtait pas de crier « UN EURO CINQUANTE ! »

: Un euro cinquante la chanson ouais, haha.


La Belgique c’est plus rock’n’roll aussi ?

: C’est pas une question qui se pose. C’est même pas la Belgique ; c’est Tournai. La seule différence qu’il y a entre la Belgique et la France, c’est con mais je pense que c’est ça : c’est le taux d’alcool des gens (rires). Tout simplement. Et puis c’est une question d’humour aussi. Comme on dit à Tournai, « les tournaisiens s’foutent eud’ gins », c’est l’humour belge, même tes potes, tu te fous de leur gueule, ben ça les fait marrer. C’est de l’humour un peu piquant. Et ça c’est vraiment cool. Par contre en France, là les gens ils rient… pas trop.

: T’es le mec qui sait tout toi.

Y : Nan mais c’est vrai, en France ce genre de plaisanterie ça passe pas. Les gens se sentent tout de suite touchés. (…)


Et sinon, vos influences c’est quoi ? Histoire qu’on situe un peu votre musique.

: Ça part des années 60, du rock des années 60, du psyché.

: 13th Floor Elevatoooors.

: Mais pour pas citer de groupe, y’a aussi du punk 50’s, des groupes de hardcore punk, des trucs beaucoup plus trash aussi, on aime bien le post punk, on aime bien plein de trucs en fait.


Un gros melting-pot de trucs cools, quoi.

: Allez, moi je vais dire The Fall… Les Pretty Things… Qu’est ce qu’il y a d’autre ?

: Basement ! Et du blues aussi.

: Nick Cave ouais. Les Seeds ! Y’en a plein plein quoi. White Fence, dans des choses plus récentes.


Ben ça c’est de l’héritage.

L : Sans oublier Carlos. Les Musclés on adore.

(Quelqu’un demande « Tu connais le welsch ou pas ? C’est la chose la plus grasse au monde. Même les américains n’ont pas plus gras. »)

Y : La dernière fois, on a joué à Arras, et on nous a fait un welsch.


Vous allez rejouer dans le Nord bientôt ? Histoire de vous refaire un welsch ?

: Ben demain on joue à Nantes. La semaine prochaine on joue à Lille. Avec King Automatix, Magnetix…


Et avant ça vous jouiez dans des groupes ou vous avez tous commencé ensemble ?

: Bah on a tous commencé dans des groupes de hard punk !

: la première fois que je me suis acheté une guitare, j’avais genre 15 ans, et dix minutes après je me retrouvais dans un groupe avec Cédric, l’autre guitariste. Mais vraiment, je savais rien faire. C’était du punk hardcore aussi. Et après un groupe de garage et hop. Ce qu’on fait nous, c’est du garage, mais on aime bien les groupes psychés, et on vient tous de groupes hardcore, donc on joue plus vite.


Vous jouez beaucoup sur les reverbs, aussi. C’est un choix, vraiment.

: Ouaip. C’est un peu comme Thee Oh Sees. Ils sont exceptionnels en live. Après en album je trouve ça vite chiant. Si c’est tellement cool tout de suite, t’as compris tout de suite, et ça sert plus à grand chose après. Par exemple White Fence c’est le contraire ; en album c’est super riche. On avait joué avec eux au Water Moulin (ndlr : à Tournai), c’était mortel. On fait pas mal de trucs, là-bas.


Et ça fait longtemps que vous tournez ensemble ?

: Deux ans. Deux ans, je crois. Yannick et moi on fait de la musique depuis 2006, on est les deux seuls d’origine. On a changé plein de fois de musiciens.

: Ce qui est marrant c’est qu’on a commencé avec Cédric en guitariste tout de suite, puis il a arrêté. On a joué avec d’autres mecs pendant longtemps, puis il est revenu, puis voilà.


Et vous êtes sortis du duo France-Belgique pour faire des dates ?

: Ouais. On a fait l’Angleterre, Suisse, Italie, Hollande.

Manu : Ouais. Dernièrement c’est principalement la Belgique quand même.


Ah, on dirait que les Cheap Riot sont jaloux. Ils veulent refaire une deuxième interview.

Yannick : Bah ouais, on a des choses à dire nous !


Interview réalisée par Claire et Lucile

Thee Marvin Gays :

https://www.facebook.com/Theemarvingays?fref=ts

http://theemarvingays.bandcamp.com/

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