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Mos Def aka Yasiin Bey au Bataclan

Des cages d’escaliers de Brooklyn aux scènes européennes les plus intimistes Mos Def a fait vivre le monde du rap. Celui qui se fait maintenant surnommé Yassin Bey fait figure de pionnier, de référence, dans cet univers où il est si dur de se faire une place.

Preuve de sa réussite ? : Cet artiste a élargi les frontières du rap, lui ouvrant d’autres horizons, tout en gardant sa crédibilité intacte dans le milieu. Depuis son opus « exstatic » de 2009, l’artiste a vagabondé dans sa démarche musicale en collaborant avec des groupes tels que Gorillaz, ou encore les Black Keys.

Mais c’est accompagné de Robert Glasper, le splendide pianiste de jazz, que Yasiin Bey nous a donné rendez-vous au Bataclan jeudi 11 avril pour une affiche aussi surprenante qu’alléchante. C’est afin de découvrir cette ambiance où jazz et rap s’entremêlent avec subtilité que le public a répondu présent en masse.

C’est donc Le Robert Glasper Experiment qui ouvre le bal. Piano, saxo, clavier, basse fusionnent à merveille aux rythmes des mélodieux solos des musiciens. L’immensité de leurs talents musicaux fait saliver la foule qui rêve déjà d’ajouter à cette prestation le flow du rappeur qu’elle estime tant.

Puis vient le moment de l’arrivée de Mos Def. Le public semble déjà chauffé à blanc et s’emporte dès les premières notes  de « black radio » ou « Umi Says ». Pendant plus d’une demi heure Yasiin Bey et la troupe de Robert Glasper enchaînent les morceaux en réconciliant deux des plus grandes musiques urbaines : le jazz et le rap.

On sentait cependant poindre les critiques sur une certaine répétitivité, ainsi qu’une ouverture d’esprit qui ne serait pas partagée par un public déçu qui, pas forcément aux faits des projets de l’artiste, pouvait s’attendre à un show « à l’ancienne ». Mais c’est là que Yasiin Bey montre qu’il a plus d’une corde à son arc.

Afin de donner un second souffle à son concert le maître de cérémonie (MC) annonce à plusieurs reprises « Somethin’ big is on its way », et le public ne fut pas déçu. Une fois l’attention totale de la salle captée, dans un silence religieux, Mos Def se met à chantonner le début de l’instrumentale du morceau « Can’t tell me nothing » de Kanye West. Incrédule le public ne voit pas où l’artiste veut en venir quand soudain Kanye West en personne fait irruption sur la scène du Bataclan. L’euphorie s’empare de la fosse qui se transforme, l’espace de la chanson, en un pogo digne d’un  concert de rock.

Actuellement dans les studios de la capitale pour enregistrer son sixième album, le rappeur a vu d’un bon œil la proposition de Yasiin Bey d’apparaitre à son concert. C’est fidèle à lui même, transpirant  l’egotrip  et arborant une chaine en or, que l’artiste interprète donc son titre «  You Can’t Tell Me Nothing ». Il ne restera sur scène qu’une seule chanson mais ce fut bien suffisant pour confirmer l’aura, quasi mystique, dont l’artiste dispose dans ce milieu.

Cet interlude énergique et l’excitation du public permettent à Yasiin Bey de finir avec panache un show parfaitement mené de bout en bout. En conclusion ? Mission réussie pour Yasiin Bey qui montre qu’il n’a rien à envier à Mos def.

Victor SARFATI

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