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La MPC monte sur scène

« L’instrument, l’outil, est une extension d’une capacité humaine » A.Blondy reformulant, Platon.

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On le savait déjà, avec tous les MC, le rap, et l’électro, il est plus que commun de trouver à coté des platines, une MPC. Le beatmaker a un rôle déterminant dans le rap. En gros la MPC c’est 16 touches, et un système de boucle qui copie/colle la mesure que l’on vient de jouer à la mesure suivante. En live le beatmaker prend parfois des libertés par rapport à la track studio, mais c’est assez peu remarqué, puisque le rap est ce sur quoi l’on se concentre, de fait il est plus éloquent.

En somme il faut reconnaître que le beatmaker n’est pas franchement celui qu’on regarde en concert pour la maitrise de son instrument, sa technique. Ce qui fait sa renommée c’est avant tout la recherche du bon son, comme on admire la couleur ou le motif d’un artiste pictural, on admire le mélange et sa complexité. Le son pour le son et pas pour l’instrument.
Si on prend un exemple exemplaire au hasard, la track de My Beautiful Dark Twisted Fantasy de Kanye West en est un bon.

Avec des boucles préenregistrées à base de Mike Oldfield (pour Dark Fantasy), King Crimson (pour Power), etc … (ce sont les deux seuls qui me viennent à l’esprit mais ça reste valable) Pour reprendre les mots de Andy Cooper du groupe Ugly Duckling dans ce morceau dédié à leur beatmaker Einstein à 2 minutes 01 seconde

« Yo Diz, wassup?
We almost didn’t tell ’em
How Rod explores record stores like he was Magellan
Searching for the beats only he can find »

Il faut alors reconnaître que la prouesse se rapproche de celle d’un écrivain. Mais soyons honnêtes en concert ça n’est pas un instrument remarquable, c’est pratique mais pas entertaining.

Il y a quelques contre exemples à ma théorie, notamment des gens comme Araabmusic, (par exemple) mais ce dernier est, convenons en, un peu brutal, hard beat. Non pas que l’on n’aime pas la violence, mais on aurait du mal à chiller, a danser, à écouter ou faire écouter à ses parents les mélodies d’Araabmusic. Un peu agressif, c’est une démonstration d’une maitrise extrême de l’instrument. C’est un peu stérile et hermétique. Ce qui laisse penser que la MPC peut être un instrument en soi sur scène, mais pas très harmonieux.

Donc il nous faut alors reconnaître que ce que l’on admire chez le beatmaker ça n’est pas la performance live, mais plutôt le collage exquis et la recherche pour porter le son plus loin dans nos oreilles. Bref il semble qu’elle reste un instrument de studio qui permet d’apprécier la musique dans une plus grande abstraction, le son final plutôt que le spectacle du musicien.

La MPC peut reproduire des centaines de sons ce qui est difficile à faire avec une batterie sur une scène (même avec les plus gros drums sets). Elle prend moins de place, et permet de reproduire l’intensité avec laquelle on attaque le pad tout comme une batterie en somme, mais en plus petit. J’en arrive à cette découverte que j’ai faite. La MPC semble-t-il passe de la scène rap à la scène rock indépendant dream pop freestyle avec le groupe The XX. Comme on le voit très bien dans cette vidéo (de qualité moyenne mais très éloquente pour illustrer mon propos) on voit et l’on apprécie l’usage que fait l’excellent Jamie Smith de la MPC.


Jamie Smith au premier plan, chef d’orchestre à la MPC

On se rend bien compte de ce que la MPC a de l’avenir sur scène, c’est un des rares groupes à avoir un tel usage de la MPC, et c’est sans doute ce qui fait l’originalité des XX.

A peine ai-je eu le temps de constater cela que je tombe sur cet artiste qui apporte amène la pratique de la MPC à un tout autre niveau. C’est un jeune artiste qui vit de la scène et cela se voit car la façon dont il utilise la MPC change radicalement la conception que l’on pouvait en avoir jusqu’alors. (Il y avait l’homme orchestre. Voyez plutôt) Et l’homme orchestre 2.0, avec des sonorités très imagées, très cinématique, une forte esthétique hip hop. Il sort son deuxième CD beats Vol.2 cette semaine et mérite le détour. Je vous présente Benjamin Durazzo tel un pianiste de la MPC.

La MPC est un instrument dont on ne connaît pas encore tous les usages possibles, comme la guitare électrique à ses débuts. Mon avis, c’est qu’il faut regarder ça de près. Mon pari, c’est que d’ici quelques années de telles formations instrumentales vont se multiplier, eussé-je tort ou raison il me semble qu’il faut garder un œil sur cela.

Louis Gouze

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1 réponse »

  1. La flexibilité du sampleur permet de passer d’un genre musical à l’autre, du chillaxing low-beat de certaines tracks d’Araabmusik, jusqu’à la dubstep ou la trap la plus hardcore. Et ça c’est bon.

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